• Article
  • Related

Des millénaires avant que les acteurs américains Tom Cruise et Anthony Edwards ne prononcent leur célèbre réplique du classique aéronautique des années 1980 Top Gun, l’être humain semblait déjà animé par un profond besoin de vitesse.

D’un point de vue évolutif, cela est tout à fait logique. Comparativement à de nombreuses espèces animales, nous ne sommes pas particulièrement rapides. Et lorsque les chances que votre repas s’échappe sont élevées, il est naturel de chercher des moyens de compenser cette limitation biologique. D’abord grâce à des animaux domestiqués plus rapides, puis avec le temps grâce à des machines toujours plus performantes capables de faire bien davantage que poursuivre une proie.


L’hydroptère : à la croisée du bateau et l’avion

Parmi ces machines figure un type particulier d’embarcation : les hydroptères. Propulsés par des voiles ou par des moteurs, ces bateaux utilisent des ailes immergées fixées sous la coque, les foils, qui génèrent à partir d’une certaine vitesse une force de portance soulevant la coque hors de l’eau.

Cette approche offre des avantages majeurs, notamment en matière de vitesse. En éliminant le frottement entre la coque et l’eau, la traînée est considérablement réduite et la vitesse augmente de façon spectaculaire. Elle permet également une navigation plus fluide et plus écoénergétique, comparable à celle d’un train à sustentation magnétique flottant au-dessus de ses rails.

L’Hydroptère est aussi le nom propre d’un voilier construit selon cette technologie.

Mis à l’eau pour la première fois en 1994, L’Hydroptère est l’œuvre des concepteurs et développeurs Éric Tabarly et Alain Thébault, réalisé avec le soutien d’un consortium regroupant plusieurs grandes entreprises françaises. Premier voilier à avoir franchi l’emblématique barre des 50 nœuds, celui que l’on surnomme parfois le « Concorde des mers » fait les manchettes partout dans le monde depuis des décennies. Véritable fierté nationale, ce trimaran à foils légendaire occupe une place unique dans l’histoire maritime française.


Des records battus, une renaissance pour 2026 et au-delà

Récemment, l’équipe de L’Hydroptère 2.0, créée en 2019 après avoir sauvé le célèbre trimaran alors abandonné dans un port hawaïen, a entrepris une restauration complète pour redonner vie à ce navire historique.

Le célèbre « L’Hydroptère », un trimaran volant français, s’élève au-dessus de l’eau grâce à ses foils, des ailes marines semblables à celle d’un avion, fixées sous ses coques. Les bateaux type hydroptère peuvent atteindre des vitesses élevées, mais nécessitent des mesures de précision pour garantir que les composants de la coque respectent des tolérances très strictes, assurant ainsi la sécurité de l’opérateur et des performances optimales.

Pour relever cet ambitieux défi, l’entreprise basée à Nantes s’est tournée vers des solutions de mesure laser 3D capables d’offrir une précision élevée, de limiter les coûts et de réduire les risques de retouches, de gaspillage et de rebut.

« L’Hydroptère est un chef-d’œuvre d’ingénierie à la croisée de l’aéronautique et de l’industrie maritime, le plus rapide au monde en mer, et nous le rénovons afin de le faire “voler” de nouveau et de lui permettre de réaliser des missions d’intérêt général. Il deviendra également une plateforme de recherche et développement multidisciplinaire. »
-Gabriel Terrasse, CEO de L’Hydroptère 2.0.  

« C’est le voilier le plus rapide au monde en mer, et nous le rénovons afin de le faire “voler” de nouveau et de lui permettre de réaliser des missions d’intérêt général. Il deviendra également une plateforme de recherche et développement multidisciplinaire. »

L’équipe a finalement choisi le HandySCAN 3D|EVO Series de FARO CREAFORM, une gamme de scanners 3D portables de qualité métrologique particulièrement adaptée aux applications d’inspection industrielle, de rétro-ingénierie et de contrôle de la qualité.

Afin de préserver les performances du navire, les ingénieurs de L’Hydroptère 2.0 devaient remplacer une ferrure en aluminium soumise à des charges dépassant 50 tonnes par une version en titane. La nouvelle pièce a été fabriquée par Alloy Additive, une entreprise turque spécialisée en fabrication additive métallique pour l'aérospatiale. Pour l’usiner et l’installer correctement, il était essentiel de réaliser une numérisation 3D précise des composants existants.


Heureusement, le HandySCAN 3D s’est révélé être une solution à la fois rapide et flexible, pouvant être utilisé directement sur place et en temps réel, sans avoir à expédier les pièces ailleurs. L’acquisition des données s’est déroulée tout aussi efficacement, avec toute la précision requise pour élaborer le programme d’usinage.

« Une solution comme le HandySCAN 3D, aussi rapide, flexible et précise, est extrêmement difficile à trouver! »
-Gabriel Terrasse, CEO de L’Hydroptère 2.0.


Sous la coque : qu’est-ce qu’une ferrure en titane?

Les ferrures en titane sont des composants structurels spécialement conçus pour relier, soutenir ou renforcer différentes parties structurelles de L’Hydroptère. Elles assurent le transfert des charges et des contraintes entre les divers éléments.

La ferrure d’origine était fabriquée en aluminium aéronautique 7175, un matériau léger mais moins apte à résister durablement à des forces extrêmes. Comme cette pièce était soumise à des charges supérieures à 50 tonnes, les ingénieurs avaient besoin d’un matériau plus robuste et plus durable afin de maintenir la sécurité et les performances du voilier.

Le titane a été retenu en raison de son remarquable rapport résistance-poids. Il est nettement plus résistant que l’aluminium tout en demeurant relativement léger. Il offre également une meilleure résistance aux sollicitations répétées, à la fatigue et aux déformations.

Conçue sur mesure, la pièce devait s’intégrer parfaitement dans un assemblage existant et constituer un élément critique de reprise des charges. Grâce au HandySCAN 3D, les ingénieurs ont pu s’assurer que sa géométrie correspondrait précisément à celle de la structure environnante et que les efforts seraient répartis de façon optimale.

En remplaçant la ferrure en aluminium par une version en titane et en utilisant le système HandySCAN 3D, les ingénieurs ont amélioré la durabilité et la fiabilité de l’ensemble du voilier, lui permettant de supporter des charges extrêmes en toute sécurité.

La numérisation laser 3D dans l’industrie maritime

Au-delà de ce projet spécifique et de L’Hydroptère, la numérisation laser 3D est devenue un outil incontournable de métrologie et de rétro-ingénierie dans l’industrie maritime, particulièrement pour les voiliers et le développement de coques, où la précision géométrique influence directement les performances hydrodynamiques.

Dans les applications nautiques, la géométrie de la coque constitue l’un des principaux facteurs déterminant la résistance à l’avancement, la portance et l’efficacité globale dans l’eau. De légères variations de courbure ou de symétrie peuvent générer de la traînée ou nuire à l’équilibre et à la maniabilité. En créant une réplique numérique fidèle d’une coque, les architectes navals peuvent effectuer des analyses détaillées de sa forme, comparer la géométrie réelle à la conception d’origine et mesurer les écarts avec une précision inférieure au millimètre.

Au-delà de la validation de conception, la numérisation 3D joue également un rôle déterminant dans les projets de remise à niveau, de réparation et de modification. De nombreux navires existants, en particulier les modèles patrimoniaux ou fabriqués sur mesure comme L’Hydroptère, ne disposent pas d’une documentation numérique complète.

Même si une campagne de numérisation à grande échelle dépassait les besoins immédiats de L’Hydroptère 2.0 dans le cadre de cette phase de restauration, cette technologie illustre clairement ce qu’il est possible de réaliser aujourd’hui et ce qui pourrait devenir nécessaire au cours des prochaines décennies afin que L’Hydroptère demeure apte à naviguer tout en continuant à repousser les limites de la vitesse.


Un nouvel horizon pour L’Hydroptère

Pour une entreprise comme L’Hydroptère 2.0, il est peut-être approprié que son histoire soit ancrée en France, berceau de certaines des plus anciennes représentations du mouvement et de la vitesse à travers l’art pariétal préhistorique.

Pour les personnes talentueuses qui œuvrent au sein de L’Hydroptère 2.0, contribuer à la renaissance de ce trimaran d’exception représente bien plus qu’un travail : c’est une véritable passion maritime.

« La rénovation de L’Hydroptère implique un niveau de précision identique à celui de l’aéronautique. Grâce à des outils comme ceux de FARO CREAFORM, nous savons que nous serons en mesure de répondre à ces exigences »,
-Gabriel Terrasse

« Le service offert par FARO CREAFORM est rapide, efficace et extrêmement précis. C’est exactement ce qu’il faut lorsqu’on travaille sur un voilier détenteur de records de vitesse capable de dépasser les 100 km/h. La rénovation de L’Hydroptère, symbole emblématique de réussite maritime et technologique, s’achève bientôt. L’Hydroptère va pouvoir reprendre son envol, non plus pour chasser des records mais pour porter des missions d’intérêt général autour de l’éducation, de l’innovation et de l’environnement. Et, le plus important, il pourra à nouveau inspirer et faire rêver toutes les générations! »

Besoin d'informations spécifiques ?
Contenu connexe

Recent Posts

Filters
Reset